5 choses que beaucoup de chasseurs ignorent sur les Parcs de chasse !


Anti-chasses, braconniers, ramasseurs de champignons, VTT, etc. il devient malheureusement de plus en plus compliqué de partager la nature entre tous les utilisateurs… C’est pourquoi de plus en plus de propriétaires prennent la décision de clôturer leur domaine de chasse.

Le grand débat c’est aussi le gibier « res propria » ou « res nullius » comme on dit, en latin, dans le droit : est-ce que le gibier vous appartient ou est-ce qu’il n’appartient à personne (à tout le monde) ? La réalité c’est que si vous implantez un nouveau gibier sur votre propriété privée il vous appartient tant qu’il reste chez vous. En effet, la chasse sur le terrain d’autrui sans le consentement du propriétaire ou du détenteur du droit de chasse relève d’une contravention de 5ème classe, donc d’une amende de 1 500 €, qui peut être augmentée en cas de circonstances aggravantes. Il en va de même pour les petits qui vont naître sur votre territoire. Dès lors on peut comprendre qu’un propriétaire soit contrarié s’il fait des efforts pour développer une population puis que celle-ci est systématiquement prélevée par ses voisin qui ne souhaitent pas faire d’efforts de gestion ou de plan de chasse coordonné. Pire encore s’il est braconné sur son propre territoire de chasse. La jalousie, comme le manque de respect, sont malheureusement parfois sans limite… Le résultat c’est que ce propriétaire, excédé va finir par clôturer son territoire pour ne plus subir ces désagréments et devenir ainsi le propriétaire définitif des animaux qu’il y implante et qu’il y fait naître. Ceux qui ont provoqué cette situation seront alors très mal placés pour s’en plaindre ensuite avec des commentaire du style : « le gibier n’appartient à personne et doit pouvoir circuler librement » !

Le bon coté du parc de chasse clôturé dans ce cas, c’est que cela permet dans certaines régions d’introduire des espèces qui n’aurait jamais été présente dans le cas contraire car elles auraient été éliminées en milieu ouvert avant même qu’une population significative et durable puisse de se développer. C’est ainsi qu’on peut chasser de très beaux daims palettes dans le sud de la France alors qu’on ne rencontre aucun spécimen en milieu ouvert dans la région !


Deuxième chose à savoir : chasser seul, à l’approche par exemple, sur un domaine reservé à la chasse, sans aucun dérangement, est un plaisir exceptionnel que seuls les chasseurs qui ont déjà eu l’occasion d’y gouter peuvent comprendre. La chasse n’y est pas si facile qu’on pourrait le croire… Les animaux restent sauvages et, suivant la taille du territoire, le biotope, etc peuvent être très difficiles à approcher (par exemple un cerf en période de brame en milieu ouvert sera bien plus facile à tuer que n’importe quel « cerf de parc » en dehors de la période de brame ! ). L’autre avantage et pas des moindres est de pouvoir chasser toute l’année, sans contrainte de dates d’ouverture/fermeture… Cela est important pour les chasseurs qui ont des emplois du temps saisonniers ou très compliqués. D’autant plus que les dates de fermeture tombent souvent malheureusement trop tôt eu égard au climat (fin de saison encore fraiche par rapport à l’ouverture, idéale pour les chiens, etc). Enfin certaines chasses privées pratiquent des tarifs très abordables et qui reviennent beaucoup moins cher que des séjours à l’étranger par exemple. Alors pourquoi parcourir des milliers de kilomètrres quand on peut, près de chez soi, profiter de territoires exceptionnels et très giboyeux car gérés avec grand soin (densité d’animaux, qualité des trophées, etc).

Et puis il en faut pour tous les goûts et toutes les bourses bien sûr (certaines grandes chasses privées peuvent aussi couter cher eu égard à la superficie des territoires et la quantité d’animaux qu’il faut gérer, surtout pour le grand gibier), mais du moment qu’on ne chasse pas contre le grillage (cas des territoires trop petits) et que le gibier dispose d’un vaste territoire pour se défendre et des réserves pour se réfugier, il y a peu de différence avec un territoire ouvert, sauf peut-être qu’il y a toujours du gibier en abondance si c’est bien géré (densité, nourriture, plan de chasse, etc). C’est généralement le cas car aucun propriétaire n’aurait intérêt à « piller » son propre territoire, au risque de ne plus chasser l’année suivante par manque de gibier. La clôture évite aussi le dérangement des animaux par divers intrus type promeneurs, joggers, ou pire : braconniers ! Mais il permet surtout une gestion pointue des prélevements permettant de laisser vieillir certains catégories d’animaux comme les cerfs d’avenir par exemple pour faire de grands trophées. Il permet aussi d’épargner les femelles pour obtenir chaque année un maximum de naissances afin d’assurer chaque année une véritable abondance de gibier.

Le parc de chasse présente aussi un grand intérêt pédagogique car on voit beaucoup d’animaux et on apprend vite à les reconnaître, à distinguer les sexes ; par exemple sanglier mâle ou femelle afin d’assurer une gestion optimale des prélèvements, ce qui garantit de voir toujours beaucoup de gibier alors que ce n’est pas toujours le cas en dehors des parcs de chasse. Je rencontre trop souvent des chasseurs qui sont totalement incapables de reconnaitre un sanglier mâle et qui tuent sans discernement une laie meneuse. Sans elle les jeunes sont livrés à eux-mêmes, se livrent à de nombreux dégât ou adoptent des comportements anormaux… C’est aussi elle qui assure la reproduction de l’année suivante, alors il ne faut pas se plaindre ensuite si l’on manque de gibier pour chasser…




Une chasse gardée clôturée présente aussi de sérieux avantages pour les chiens qui ne risquent pas d’être percutés par des voitures, et dont la quête s’effectue sur un territoire sans route. Sans parler de la sécurité qui est idéale puisqu’il n’y a aucun promeneur et surtout pas d’écolos ou d’anti-chasse qui viennent perturber la journée ! Les parcs d’entrainement pour chiens connaissent un succès grandissant et sont parfaits pour tirer rapidement le meilleur parti de jeunes chiens ! Ce n’est pas de la chasse à proprement parler mais ils permettent de démarrer et faire progresser les chiens dans des conditions idéales. Et ce toute l’année bien sûr, donc possibilité aussi de les mettre en forme et les préparer à l’ouverture.

J’ajouterais que si l’un des chasseurs à un mauvais comportement du point de vue éthique ou sécurité de la chasse c’est plus facile de se séparer de lui dans une chasse commerciale, et d’éviter ainsi tout dérapage. En effet, dans les domaines de chasse privée, les chasseurs sont triés sur le volet donc pas de viandard ni de jaloux, pas d’individus qui sèment le désordre ou la discorde donc toujours une très bonne ambiance au sein des chasseurs. Cela permet de conserver un groupe de bons éléments et garantir une excellente ambiance générale au sein de la chasse : convivialité et amitiés sincères ! 

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J’entends aussi parfois des critiques faciles du type « c’est comme chasser dans une cage » « le gibier n’est pas sauvage » etc. Mais c’est confondre un élevage industriel avec un vrai parc de chasse ! Dans un vrai domaine de chasse digne de ce nom, les animaux sont bien plus heureux que dans des enclos d’élevage industriel : au moins ils sont dehors, élevés naturellement avec une nourriture saine. Cela nous permet de manger une viande de qualité, sans hormones sans antibiotiques etc. En fait ce sont peut être les élevages industriels qu’il faudrait remplacer par des parcs ; revenir à des choses plus naturelles, plus bio ! En aucun cas il s’agit de remplacer le domaine public par des territoires privés ! Ce qui est privé doit simplement être respecté et une bonne gestion du domaine public doit permettre au gibier de prosperer aussi bien que dans les chasses commerciales, voire même mieux !

De nombreux propriétaires doivent clôturer à cause de certains chasseurs, peu respectueux de la propriété privée et qui n’hésitent pas a déborder chez le voisin pour voler sans scrupule quelques « kilos de viande » supplémentaires (à quoi bon ! En font-ils le commerce ?). C’est vrai aussi pour certains ramasseurs de champignons, par exemple, qui n’hésitent pas à s’aventurer sur des chasses privées, sans demander aucune permission, alors même qu’une partie de chasse est en train de se dérouler !! Le pire c’est que ce sont parfois les mêmes qui demandent l’interdiction de chasser le dimanche !! Je me demande bien où ils iront le dimanche quand tous les terrains privés seront clôturés et que les terrains restants seront devenus impénétrables quand les chasseurs n’entretiendront plus les chemins, etc… A méditer ! Il faut aussi savoir se mettre à la place des propriétaires, sans jalousie et dans un respect mutuel. Sinon c’est trop facile de critiquer juste par principe lorsqu’on est pas propriétaire soi-même, et sans chercher à comprendre…. Même si l’on est pas propriétaire, on peut tirer un bon parti de ce genre d’endroit… Mais avec certaines règles…

J’entends aussi parfois certaines critiques sur les parcs clôturés concernant la génétique et d’éventuels problèmes de consanguinité. La réalité c’est que la gestion des populations milieu fermé est bien plus facile à la fois sur le plan qualitatif et sur le plan quantitatif. En effet, dans une chasse clôturée il n’y a pas de risque d’hybridation avec d’autres espèces et la sélection des meilleurs gènes y est beaucoup plus facile ; sans que cela pose forcément des problèmes de consanguinité puisque il est toujours possible d’apporter du « nouveau sang », de nouveaux gènes en introduisant parfois des individus rigoureusment sélectionnés pour leurs qualité (sauvage, trophée, taille, etc) en fonction des ojectifs que l’on se donne. Sur le plan quantitatif les populations sont toujours régulées puisqu’elles sont chassées donc pas de problème de surpopulation comme dans certains milieux ouverts (notamment avec les sangliers qui explosent dans certaines régions), avec tous les problèmes que cela peut poser type accident de la route, dégâts forestiers dégâts aux cultures etc. Je connais certaines personnes qui n’osent même plus emprunter certaines routes en forêt par peur des collisions avec le gibier…

Pour finir, dernier sujet très important : les dégâts gibiers coûtent une véritable fortune aux chasseurs ! En effet depuis 2001 les fédérations de chasse ont la charge d’indemniser les dégâts qui était auparavant dévolue à l’ONCFS. L’indemnisation des dégâts de grand gibier est financée à un double niveau :

  • au plan départemental par les contributions encaissés par les fédération de chasse
  • au niveau national sous la forme d’un fonds de péréquation entre les fédérations départementales, géré par la fédération nationale

Le fond cynégétique national section dégâts de gibier est alimenté par le timbre national grand gibier. Ce timbre est acquitté par les chasseurs validant un permis de chasse national qu’il soit annuel ou temporaire.

De 28 millions d’euros en 2006, le montant total national des indemnisations a bondi en 2010 jusqu’à près de 45 millions. Depuis 2012, le montant des indemnisations a chuté sous la barre des 20 millions d’euros en 2014, avant de remonter, mais en restant sous la barre des 25 millions en 2016.

Sans parler des dégâts forestiers, très importants eux aussi !

Alors que faire ? Clôturer les exploitations agricoles ? Clôturer les animaux ? Dépenser des sommes folles pour indemniser les agriculteurs ? Supprimer un maximum de gibier pour éviter les dégâts au risque qu’il n’y ait pratiquement plus d’animaux à chasser ?! Beaucoup de questions auxquelles il est difficile de repondre sachant que le système actuel n’est pas satisfaisant, ni pour les chasseurs, ni pour les agriculteurs…

En conclusion je dirais personnellement que les parcs de chasse sont une une très bonne option supplémentaire offerte aux chasseurs car il restera toujours des territoires ouverts. Les deux systèmes peuvent cohabiter pour le plus grand plaisir des chasseurs car chacun présente de nombreux avantages. Le seul problème c’est qu’il faut éviter les dérives :

  • par exemple en milieu ouvert exterminer le gibier sans discernement ni plan de chasse compromet la chasse pour le futur. Il en va de même pour les territoires ouverts que certains jugent trop grand et où il se permettent de chasser en voiture en suivant leurs chiens à l’aide de GPS ! Milieu ouvert ou pas est-ce que vous pensez vraiment que c’est de la chasse ? Tout comme les lachers intensifs en lmilieu ouvert, est ce vraiment de la chasse ? Personnellement je prefère chasser du gibier naturel en parc obtenu grâce à une bonne gestion : prélèvements raisonnés, piégeage, aménagement divers (points d’eau, remises, etc). Mais c’est bien plus facile de lacher du gibier d’élevage (de tir) que de s’occuper sérieusement d’un territoire de chasse ! Alors pour certains la tentation est forte !
  • ou dans le cas des parcs de chasse chasser dans des domaines trop petits ou le gibier ne peut pas se défendre et se fait tuer contre le grillage. Ou pire, ceux qui utilisent des enclos pour installer des trappe à gibier afin de piéger le gibier chez eux !

Heureusement il s’agit d’une minorité de chasseurs qui s’adonnent à ce type de dérives. En fait le problème, ce n’est pas le territoire, mais seulement les chasseurs, quelque soit le milieux où l’on évolue.

Avez vous déjà chassé en parc ? Avez vous déjà assisté à des dérives perverses qu’il faut condamner, voire même sanctionner ? Quels sont selon vous les avantages et/ou inconvénients des parcs de chasse (dignes de ce nom) ? L’idée bien sur n’est pas d’opposer les milieux ouverts aux parcs de chasse clôturés car je pense sincèrement que les deux systèmes peuvent parfaitement cohabiter. Pour ma part je pratique les deux et je prends beaucoup de plaisir dans chacun. Je dis cela pour ceux qui voudraient me cataloguer 😉. Je veux juste savoir qui est déjà allé dans un vrai parc de chasse et qu’en avez vous pensé ? Evitez donc les commentaires type « chasse de bourges » (ce n’est pas le sujet et il faut aussi se mettre à la place des propriétaires pour qui ce n’est pas toujours facile !). Evitez aussi « c’est pas de la chasse », surtout si vous n’avez jamais essayé, car l’idée c’est plutôt d’argumenter : pourquoi vous êtes pour ou contre ? En sachant bien sur qu’on ne peut pas mettre toutes les chasses privées dans le même panier : la superficie est un critères important qui peut changer beaucoup de choses, idem pour le gibier : s’agit-il de gibier laché ou bien de gibier naturel ? Le parc de chasse fait-il l’objet d’une gestion rigoureuse des prélèvements, etc. En restant correct et sans polémiquer bien sûr, essayez d’argumenter !

Les fédérations ainsi que de nombreux acteurs du monde de la chasse (je pense par ex. à l’Association Nationale des Chasseurs de Grand Gibier) ont fait énormément d’efforts ces dernières années pour « éduquer » les chasseurs sur les bonnes pratiques, l’éthique de la chasse, la connaissance de la nature et des gibiers, etc. Et ce notamment afin de rajeunir et redorer l’image de la chasse parfois ternie par certaines pratiques peu louables. Mais ces actions sont trop tournées vers les milieux ouverts ; il est temps de reconnaître que les parcs de chasse font aussi partie du paysage cynégétique ! Alors au lieu de critiquer systématiquement tous les parcs de chasse, sans discernement, peut être serait-il plus judicieux d’éduquer les chasseurs sur les bonnes pratiques en milieu fermé et mettre en avant ceux qui se donne la peine de les appliquer dans les règles de l’art ! Ces comportements devraient être récompensés et non découragés ! Je pense sincèrement qu’un bon chasseur reste un bon chasseur quelque soit le l’endroit où il exerce sa passion : ce n’est pas le territoire de chasse qui fait le bon ou le mauvais chasseur… Un mauvais chasseur sur un bon territoire ne donnera jamais rien de bon alors que le contraire…

Enfin j’espère que cet article vous aura été utile pour vous faire une opinion sur les parcs de chasse si vous n’avez jamais eu l’occasion de tester ; peut être même cela vous aura donné envie d’essayer pour vous faire votre propre avis, sans préjugés ni clichés. Je serai alors ravi si j’ai pu vous donner les outils vous permettant de sélectionner et choisir un parc de chasse digne de ce nom et éviter ainsi les mauvaises surprises ! A tous, je vous souhaite de très belles sorties, et que Saint Hubert vous accompagne sur TOUS les territoires de chasse !